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Tony Urquhart
London, (Ont.) (d'après une interview enregistrée le 19 septembre 1967)

urqhhart sculpture
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Broken III
Acrylique, résine, contre-plaqué et masonite
H.:8'10",L.:6',P.:2'

Chose assez étrange, c'est en fouillant le passé que de peintre je suis devenu façonnier. En 1963, j'étais peintre quand je suis parti pour l'étranger et j'avais la ferme intention d'être encore peintre à mon retour. Mais les musées et les églises de province en France et en Espagne m'ont montré tant de vieilles et belles choses de couleurs: sculptures polychromes, triptyques, objets peints. Sur le chemin de la Costa Brava, il y avait un épouvantai! inoubliable: ni peinture, ni sculpture, mais une présence tridimensionnelle – un objet.

Le paysage est présent dans tout ce que je fais. Pour moi, le surréalisme n'est pas chose du passé. Broken III fait à l'extérieur en milieu urbain ce que le paysage peint fait à l'intérieur: il juxtapose la ville et la campagne. L'inattendu et le paradoxe semblent jaillir de mon oeuvre. Dans cette sculpture, le cercle a-t-il été brisé? ou a-t-il été interrompu ou bien a-t-il jamais existé? Suis-je en train de me moquer du hard-edge? Il y a déchirure fortuite dans le contour bien dessiné, l'empiètement de plus en plus grand du relief du paysage sur une surface géométrique; la nette impression que c'est la nature et non l'homme qui va avoir le dernier mot.

Le cercle a toujours fait partie de mon vocabulaire (cette série "Broken" dérive d'un médaillon peint) et tout ce qu'il y a de retenue dans la forme ronde, qui constitue son propre cadre, est un aspect du hard-edge qui m'attire tout naturellement. Tandis que d'autres artistes contemporains étendent leurs oeuvres dans l'environnement, je préfère cerner la mienne. A mon avis, une oeuvre d'art devrait être discrète, comme une personne. J'aime cette réserve, ce détachement que prend une aquarelle mise sous verre. Ah! si je pouvais enfermer toutes mes pièces tridimensionnelles dans une cage de plexiglas. Après avoir vu les pièces que j'ai exposées à Toronto récemment, un ami m'a dit: "J'ai l'impression d'être dans un musée". La plupart des artistes d'aujourd'hui n'aimeraient pas s'enten-dre dire cela, mais moi j'étais content. Je ne pourrais jamais m'engager sérieusement dans l'art purement non-objectif. Comment l'artiste d'aujourd'hui peut-il soutenir la concurrence de Détroit? Après tout, l'automobile n'est-elle-pas la sculpture hard-edge absolue de notre époque?

Aujourd'hui, la tendance est à la communication massive. La communication esthétique se fait d'une personne à la masse. Toutefois, J'aime que cela s'a-dresse de personne à personne. L'im-promptu est une forme d'art qui s'adresse à l'instinct grégaire. Mais, voilà, je suis un solitaire: je veux exprimer mes idées à moi et non celles des autres. J'aime confectionner des petits objets qui ne parlent qu'à une seule personne. Même une grande sculpture devrait cohabiter avec une seule personne. Comment se fait-il que je participe à cette exposition? Mon critère n'est pas les dimensions, mais le pouvoir de captiver, de retenir:

combien de fois peut-on revenir à une sculpture? L'esprit en reste-t-il marqué? Ça ne m'intéresse pas d'impressionner le public. Je ne suis pas de ce genre de personne. Je suis un individu qui crée pour d'autres individus. Comme je l'ai dit, je tiens à une communication qui est strictement entre deux personnes.

snow portrait

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